Coronavirus : urgence de santé internationale

PRISE EN CHARGE DES CAS

La prise en charge des patients malades est un axe fondamental de tout programme de lutte contre la maladie. Au Sénégal des approches innovantes dans le domaine communautaire sont menées et doivent être renforcées vu les résultats importants qu’elles ont apportés. Par ailleurs l’évolution de la situation épidémiologique impose, comme le recommande l’OMS, l’introduction de la Primaquine pour interrompre la transmission dans les zones éligibles. Tout ceci nécessite un personnel formé et motivé.

Intervention 1 : Renforcement des capacités

Intervention 2 : Acquisition de matériel et de consommables pour la biologie moléculaire

Intervention 3 : Mise en œuvre du diagnostic moléculaire du paludisme

Intervention 4 : Equipements consommables de laboratoire et intrants

Intervention 5 : Suivi de la mise en œuvre diagnostic par les TDR et la microscopie

Intervention 6 : Mise à jour et disponibilisation des documents et outils d'aide à la prise en charge

Intervention 7 : Renforcement des capacités des acteurs des secteurs public et privé

Intervention 8 : Mise en œuvre de la prise en charge

1) Renforcement des capacités

Il s’agira d’organiser des ateliers d’initiation aux techniques et applications de diagnostic moléculaire du paludisme à l’endroit des ECR et ECD dans les zones de pré-élimination en vue de partager avec eux l’intérêt et l’importance de ces techniques dans la prise de décision. Les techniciens de laboratoires des districts et hôpitaux seront également formés aux différentes techniques de diagnostic moléculaire.

Les prestataires des districts et hôpitaux régionaux dans les zones de pré-élimination seront formés sur le diagnostic moléculaire du paludisme par la technique LAMP (Loop Mediated Isothermal Amplification).

Un renforcement de capacités des enquêteurs de l’EDS continue sera organisé sur les procédures de prélèvement et de recueil de sang sur papier filtre, de l’étiquetage, du séchage, de l’emballage et de la conservation des papiers filtres destinés à la biologie moléculaire.

Les techniciens de laboratoires des districts et hôpitaux de même que ceux des services de diagnostic parapublics et privés seront formés sur le diagnostic microscopique.

En outre, chaque année une session de cinq jours du cours national annuel d›accréditation en microscopie sera organisée à l›endroit de 20 techniciens de laboratoire. Il s’agira d’organiser des cours d’évaluation en microscopie des meilleurs techniciens de laboratoires du Sénégal en vue de leur certification en experts microscopistes. Dans les stratégies d’élimination du paludisme il est extrêmement important de s’assurer de l’expertise des techniciens de laboratoires dans leurs capacités à détecter, identifier et quantifier les portages parasitaires.

2) Acquisition de matériel et de consommables pour la biologie moléculaire

Les appareils LAMP seront déployés, sous une supervision étroite, dans les zones de pré-élimination en vue d’une confirmation en temps réel de tout cas positif comme négatif mais également lors des investigations de cas de paludisme.
Au niveau central, la qRTPCR permettra de contrôler les résultats positifs et négatifs à partir des TDR et également faire une cartographie des espèces plasmodiales circulantes au Sénégal.

Les réactifs de biologie moléculaire permettront de réaliser les tests moléculaires aussi bien en zone de pré- élimination qu’en zone de contrôle.

3) Mise en œuvre du diagnostic moléculaire du paludisme

Les TDR déjà utilisés vont servir comme matériel génétique pour faire une cartographie des espèces parasitaires circulantes aussi bien dans les zones de pré-élimination qu’au niveau des sites sentinelles.
Le suivi de la mise en œuvre du diagnostic moléculaire du paludisme sera de mise pour une bonne maîtrise de la réalisation des techniques de qRTPCR au niveau central et LAMP au niveau opérationnel. A cet effet le laboratoire de référence sera mis à contribution.

4) Equipements consommables de laboratoire et intrants

Des microscopes binoculaires, des compteurs à deux touches et des consommables de laboratoire pour le diagnostic microscopique seront acquis pour renforcer le plateau technique des laboratoires.
Compte tenu de la situation actuelle du paludisme, des TDR plus sensibles seront acquis pour détecter les faibles portages parasitaires en zone de pré-élimination. En effet, lorsque l’incidence du paludisme diminue, le
taux d’infection parasitaire diminue et rend le diagnostic peu fiable avec les TDR de routine. C’est pourquoi il est important d’avoir des TDR plus sensibles en zone de faible prévalence parasitaire.

Dans les zones sud et transfrontalières ou les espèces parasitaires sont diverses et variées il faudra faire recours à des TDR pouvant détecter l’ensemble des quatre espèces plasmodiales.

5) Suivi de la mise en œuvre diagnostic par les TDR et la microscopie

Un contrôle de la qualité de TDR au niveau central à la réception et au niveau opérationnel sera organisé pour s’assurer de la qualité des TDR.
Des supervisions seront organisées sur l’ensemble des laboratoires des districts et hôpitaux de même que ceux des structures privées et parapubliques pour apprécier la maîtrise des techniques de diagnostic microscopique par les techniciens de laboratoires. A l’issue de ces supervisions, un contrôle de la qualité du diagnostic microscopique sera fait pour apprécier la performance des techniciens.

Les contrôles de qualité du diagnostic microscopique au niveau des régions seront instaurés.

6) Mise à jour et disponibilisation des documents et outils d›aide à la prise en charge

La formation des prestataires devra être précédée d’une mise à jour de l’ensemble des documents de directives et d’outils d’aide à la prise en charge des cas de paludisme.

Ces supports mis à jour devront être reproduits et distribués au niveau de l’ensemble des points de prestation du pays pour une meilleure vulgarisation des directives de prise en charge.

7) Renforcement des capacités des acteurs des secteurs public et privé

Le renforcement de capacités des acteurs des secteurs public et privé devra nécessiter une série de formation et de recyclage sur toute la durée de la mise en œuvre du PSN 2016-2020 ; un accent particulier sera mis sur l’orientation des agents du secteur privé pour leur permettre de s’aligner sur les directives nationales de prise en charge et garantir ainsi la qualité de gestion des cas de paludisme au niveau de l’ensemble des points de prestation du pays.

Au niveau central, les autres départements et programmes du MSAS seront orientés sur la prise en charge du paludisme pour une bonne appropriation et une vulgarisation des directives nationales de prise en charge.

8) Mise en œuvre de la prise en charge

Au niveau communautaire :
Des résultats importants ont été obtenus grâce à la mise en œuvre de la PECADOM (Prise en charge à domicile) en termes de réduction de la morbi-mortalité palustre au niveau communautaire. Les différentes évaluations de la PECADOM ont recommandé l’élargissement du paquet d’interventions du Dispensateur de Soins à Domicile (DSDOM) en y intégrant la prise en charge de la diarrhée et des IRA.

Malgré les avancées, quelques limites ont été constatées dans la stratégie PECADOM, comme modèle de détection passive des cas de paludisme au niveau communautaire. Aussi, cette approche PECADOM n’est pas toujours renforcée par des activités d’éducation à base communautaire susceptibles d’améliorer l’acceptation des DSDOM nouvellement formés et d’encourager le recours aux soins actifs. C’est ainsi qu’une étude pilote dénommée PECADOM Plus menée dans le district de Saraya en 2013 par les volontaires du Corps de la Paix américain, a mis en évidence les avantages de la détection active des cas de paludisme par rapport à une approche passive. Il s’est agit durant la période de forte transmission palustre (juillet à décembre) d’organiser des ratissages au niveau des villages. Les DSDOM ont fait du porte à porte une fois par semaine afin de détecter, tester et traiter ou référer chaque cas suspect de paludisme, de diarrhée ou d’IRA au niveau de leur village respectif.

L’extension de la stratégie PECADOM prend en compte la particularité de certaines zones. Ainsi dans la région de Diourbel, suite à un constat d’une forte morbi-mortalité du paludisme chez les enfants pensionnaires des Daaras (écoles coraniques), il a été décidé de mettre en œuvre la PECADOM au niveau de ces Daaras.

L’extension de la gestion intégrée des cas au niveau communautaire, pour un impact certain sur la mortalité infanto- juvénile, est une option prise dans la politique de prise en charge du programme. Celle-ci nécessitera une formation/recyclage des DSDOM, une disponibilité permanente des intrants, un suivi rapproché, des équipements adéquats et une motivation des acteurs pour une réussite. Le suivi de cette activité à tous les niveaux permettra de garantir une atteinte des objectifs fixés.

Cette prise en charge va aussi intégrer l’utilisation du traitement pré-transfert pour les cas graves au niveau communautaire. Cette stratégie sera étendue à l’ensemble des régions.