Coronavirus : urgence de santé internationale

CHIMIOPRÉVENTION DU PALUDISME SAISONNIER (CPS)

La chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS) cible les enfants de 3 mois à 10 ans dans les régions de forte transmission éligibles. Il s’agira d’administrer de façon intermittente (à un mois d’intervalle) un traitement complet d’Amodiaquine et de Sulfadoxine-Pyriméthamine (1dose de SP et 3 doses de AQ), généralement un mois après les premières pluies (début de la saison de transmission palustre) et n’excédant pas 4 mois de couverture au cours de la saison de forte transmission du paludisme pour éviter la maladie.

L’objectif de la CPS est de maintenir des concentrations thérapeutiques en médicament antipaludique dans le sang pendant toute la période où le risque palustre est le plus élevé. La mise en œuvre se fera sous forme de campagnes de masse avec les distributeurs et superviseurs communautaires. Un accent particulier sera mis sur le suivi /évaluation de la mise en œuvre en termes d’approche et d’effets sur les indicateurs à travers plusieurs activités.

Après trois ans de mise en œuvre, le PNLP, compte tenu des résultats obtenus appréciera si la CPS sera maintenue dans ces zones ou alors mise en œuvre dans des zones plus ciblées et qui répondraient aux critères. Les interventions suivantes seront mises en œuvre :

 

Intervention 1 : Préparation de la mise en œuvre de la CPS

Intervention 2 : Mise en œuvre de la CPS

Intervention 3 : Suivi / Evaluation de la mise en œuvre de la CPS

1) Préparation de la mise en œuvre de la CPS

Dans le cadre des activités préparatoires de la campagne CPS, il est prévu de faire la reproduction des différents outils de collecte et de gestion ainsi que les supports de communication validés en commission pour toute la durée de la campagne qui se fera en 03 passages pour les régions de Kolda, Sédhiou et Tambacounda et 04 passages pour la région de Kédougou.

Des sessions de formations seront organisées au niveau de chaque région cible pour partager avec tous les membres des ECR/ECD la stratégie CPS et les nouvelles directives.

Les ICP seront également formés en une session par l’ECD sous la supervision technique du niveau central.
A quelques jours de la campagne, les relais et superviseurs communautaires choisis par les ICP seront également capacités sur les aspects généraux de la campagne. Les pratiques de formations utilisées au niveau communautaire se feront à travers des jeux de rôles sur les aspects généraux de la CPS, les techniques d’administration des médicaments aux enfants éligibles, la sensibilisation des mères/gardiennes d’enfant pour le respect des doses à J2 et J3, les conduites à tenir pour éviter les refus. Ainsi, les relais seront formés à la veille de chaque passage pour garantir la réussite des activités.

Le bon déroulement de la campagne se fera également à travers une microplanification des activités CPS intégrées dans le plan de travail des districts concernés.

Au-delà de l’aspect formation, la mise à disposition de la logistique et l’acheminement des intrants du niveau central vers les PRA des régions ciblées sera effective. Le même processus sera établi des PRA vers les districts et postes de santé enrôlés.

Pour une large diffusion et une adhésion des communautés, une campagne de communication sera mise en œuvre dans les districts des zones CPS. Ainsi, les districts vont dérouler des activités de communication de proximité, contractualiser avec les radios communautaires pour la diffusion des spots et l’organisation d’émissions radio dont les thèmes abordés tourneront autour de la stratégie CPS, les avantages de la CPS, la gestion des effets indésirables, etc.

Des supports de communication (T-shirts, casquettes, sacs) seront produits et distribués pour l’équipement des relais, superviseurs, comités de gestion ainsi que le staff d’encadrement (ECR/ECD/ICP).

2) Mise en œuvre de la CPS

Pour une bonne adhésion des populations sur la stratégie CPS, une journée de lancement de la campagne sera organisée au niveau des districts cibles. Cette journée, au-delà des activités de communication et de sensibilisation menées en milieu rural et communautaire, donnera un cachet officiel à travers l’implication des différentes autorités administratives, coutumières et locales.

La campagne CPS sera mise en œuvre au niveau des districts éligibles.
Des mobilisations sociales seront organisées au niveau de chaque district tout en prenant en compte les réalités socioculturelles et particularités de chaque zone.

3) Suivi/Evaluation de la mise en œuvre de la CPS

Le suivi/évaluation de la campagne CPS est une étape importante du processus. Il s’agira en effet de mettre en place des groupes techniques pour le suivi et la remontée des données CPS mais également de veiller à la promptitude et à la complétude des données envoyées par les ICP aux districts et ces derniers à la région. Des équipes de supervisions seront constituées au niveau des districts, appuyées par l’ECR et le niveau central pour le suivi des activités CPS. Ces supervisions permettront de résoudre les difficultés liées aux ruptures d’intrants, au remplissage des outils de gestion pour les données s’il y a lieu ou encore à la gestion des cas de refus.

Ces équipes de supervision veilleront à la réception tous les soirs (J1 à J5) des données complètes envoyées par les districts. Celles-ci seront recueillies, évaluées, analysées et envoyées par les équipes de supervisions sous forme de rapport de synthèse journalière au niveau central pour la synthèse globale.

Une évaluation post campagne sera organisée au niveau de chaque région concernée pour évaluer tout le processus de la CPS, afin d’apporter des rectificatifs pour les passages à venir et partager les bonnes pratiques. Au terme de la campagne, une synthèse régionale sera faite par le niveau central et les données partagées avec les districts.

Il est important dans le cadre de la pérennisation de cette activité de faire une évaluation globale de la CPS en 2017 avant toute nouvelle campagne (ciblage tranches d’âges, zones, mode campagne, pérennisation, …).

Diverses études et enquêtes vont permettre de suivre et d’évaluer le processus et l’impact de la CPS : Evaluation de la Chimio Prévention Saisonnière du Paludisme en zone de forte transmission : elle se fera par une analyse des facteurs entravant une bonne couverture en CPS. Il s’agira de mesurer les taux de couverture de la CPS dans chaque aire de couverture des postes de santé et de les comparer. Les évènements indésirables et les cas de refus seront documentés. Pour les postes de santé à faible taux de couverture, des enquêtes ménages, des focus group et des interviews seront menés afin de déterminer les facteurs explicatifs de cette couverture faible et de proposer les mesures correctrices nécessaires pour une bonne observance de cette stratégie.

Etude de l’efficacité de la CPS administrée en campagne de masse : l’efficacité de la CPS sera mesurée chaque année en déterminant son impact sur les cas de paludisme simple et sur les cas de paludisme sévère. Efficacité sur le portage asymptomatique, l’anémie et le portage gamétocytaire : une enquête transversale sera réalisée chaque année en fin de transmission pour un échantillon d’enfants chez qui seront réalisés des gouttes épaisses et un hemocue. Une sous analyse sera effectuée pour comparer la prévalence du paludisme infection et l’anémie dans les villages à fort taux de couverture versus villages à faible taux de couverture.

Etude de l’impact de la CPS sur les marqueurs moléculaires de résistance de la SP et de l’AQ : l’étude de ces marqueurs moléculaires de résistance se fera à travers un échantillon de TDR positifs réalisés chez les enfants dans les villages de la CPS pendant la période d’administration et une enquête transversale réalisée à la fin de la saison de transmission au niveau des ménages avec recueil de gouttes de sang sur un papier filtre.

Etude de l’effet rebond de la CPS sur la susceptibilité de faire un accès palustre : l’enregistrement précis des données sur l’administration des doses de CPS et une étude cas-témoins seront utilisés pour mesurer l›effet de la CPS sur le risque ultérieur de paludisme dans le but de comprendre l›importance de l›effet rebond. L’incidence du paludisme et la mortalité seront étudiées chez les enfants âgés de plus de 10 ans qui ne seront plus éligibles pour la CPS au bout de 2 à 3 ans. Les cas et les contrôles seront définis de manière similaire aux études d’efficacité, l›exposition définie comme une histoire documentée de prise antérieure de CPS.

Dans les districts sanitaires et hôpitaux régionaux, la morbidité palustre sera également étudiée chez la tranche supérieure à 10 ans précédemment cible de la CPS. Ces données pourront également servir de comparaison avec les données de base collectées avant la campagne.