Coronavirus : urgence de santé internationale

Mise en œuvre de l’AID

Le processus de la mise en œuvre des AID (planification, matériel et personnel impliqué) sera le même. Les différences majeures pour les foyers chauds porteront sur la logistique, l’implantation du site pour le stockage de l’insecticide, les méthodes de gestion des déchets liquides et solides. L’approche dépendra fortement de la participation communautaire lorsque les cibles seront des villages à traiter ; ce qui induirait une réduction des coûts opérationnels et une extension plus accélérée de cette intervention.

Chaque district enrôlé va produire un plan opérationnel adapté aux réalités de la zone à partir d’un atelier avec les différents acteurs impliqués dans cette activité. Ce travail sous la coordination du district, verra la participation des acteurs de santé mais également des élus locaux, de la communauté ou tout autre organisme ou association impliqué dans des activités du système de santé.

La mise en œuvre des opérations d’AID va s’appuyer sur le Manuel opérationnel des AID de l’OMS adapté au contexte local. Il est prévu de faire un cycle de traitement par district et par an, juste avant la principale période de transmission du paludisme (saison des pluies). La mise en œuvre est prévue pour une période de 10 à 20 jours par district en tenant compte du nombre et de la taille des zones ciblées. Les activités de contrôle de la qualité de l’application seront effectuées dans tous les districts, une fois durant le mois qui suit l’application. Le suivi de l’efficacité de l’application (durée) sera effectué dans tous les districts sélectionnés. Les opérations seront évaluées au niveau des districts et au niveau central.

L’organisation des campagnes AID se fera à travers :
L’organisation des missions d’information des autorités sanitaires et administratives locales : des missions seront effectuées dans les districts ciblés pour d’une part informer les autorités administratives et sanitaires et d’autre part, évaluer les opportunités locales notamment en termes de stockage, de logistique, et collecter d’autres données utiles à la planification des opérations. Ces missions seront effectuées par des équipes du niveau central avec l’appui du niveau régional et du district.

La cartographie des zones AID et collecte des données complémentaires : Il s’agit de la subdivision des districts en zones, de l’identification des bases potentielles, des obstacles et contraintes naturelles. Il est également prévu de procéder à la réactualisation des données démographiques et l’estimation du nombre et de la taille moyenne des structures à traiter. La cartographie des différentes localités ciblées sera finalisée avant le démarrage des opérations dans les zones ciblées. Cette activité sera réalisée par des équipes du niveau central avec l’appui du niveau régional et du district.

La collecte des données de base dans les districts à enrôler pour l’AID : la collecte de ces données sera effectuée dans un site sentinelle de chacun des districts sélectionnés. Il s’agira de collecter des données de référence (avant intervention) sur une période d’un an selon les districts. La collecte concernera les données entomologiques, parasitologiques et cliniques classiques, au rythme de deux passages par an en saison sèche et pluvieuse.

 Intensification des opérations d’AID

L’intensification des opérations d’AID se fera par le biais de :
L’enrôlement des foyers chauds (hot spots) qui sont des zones de très forte incidence localisée : en se référant aux données des incidences par district sanitaire dans les zones à forte endémicité, la répartition sera faite selon le niveau d’incidence.

Dans ces districts, des critères d’exclusion tels que l’urbanisation dominante, la possibilité d’une LAL, seront utilisés pour définir le périmètre des foyers chauds.

L’étude entomologique sur le comportement du vecteur dans les zones ciblées : parmi les districts présélectionnés, un échantillonnage sera fait en tenant compte de leur position géographique, de leurs particularités écologiques et des activités agricoles. Les données entomologiques de base seront collectées et analysées pour disposer d’informations sur la composition spécifique des vecteurs, leurs comportements trophiques (endo/exophagie, anthropophilie/zoophagie), les préférences de lieux de repos (endo/exophilie) et la situation de la résistance des vecteurs aux insecticides. Au terme de cette étude, les districts se trouvant dans les zones où l’endophilie et/ou l’endophagie sont marquées chez les vecteurs et les insecticides testés concluants, seront retenus pour les AID.

Le choix des foyers chauds au sein des districts cibles pour l’AID : Au niveau d’un district, des critères de sélection des zones seront définis selon l’intensité de la transmission et la faisabilité de l’intervention (type d’habitat prédominant et comportement de la population). La délimitation de la zone pourra se faire à l’échelle IMAGEd’un ou de plusieurs postes de santé selon leur niveau d’incidence.

Cependant, au moment de la planification en vue de la mise en œuvre, des exercices d’ajustement pourront toutefois se faire en jouant sur le seuil d’incidence (15 à 30 pour mille) à adopter au niveau poste pour harmoniser avec le nombre de structures à traiter en tenant compte de la quantité d’insecticide disponible.

 Gestion de l’environnement

A la réception de l’insecticide commandée, des échantillons seront prélevés afin de faire un contrôle de qualité du produit.

Pour le respect des mesures de sécurité liées à la gestion de l’environnement, un dispositif de supervision sera mis en place. Il s’agit d’abord de superviseurs communautaires qui suivent les équipes sur le terrain ainsi que les chefs de sites mais surtout des agents du Service National de l’Hygiène (SNH) qui seront en permanence sur le terrain pour veiller au respect des règles d’hygiène. Le niveau central fera également des supervisions pour évaluer le respect des directives recommandées dans la mise en œuvre de l’AID.

Un plan de gestion des déchets sera mis en place en coordination avec les services de l’environnement et du Centre anti poison. Certains déchets liquides issus du rinçage des pompes seront collectés dans les puisards, les autres déchets tels que les restes d’insecticides ainsi que les contenants seront détruits suivant les règles strictes du plan de gestion des déchets.

A la fin de chaque campagne, un atelier de partage et d’évaluation des résultats sera organisé avec tous les partenaires des niveaux central, intermédiaire et opérationnel pour partager les résultats de la campagne, les problèmes et difficultés rencontrés dans la mise en œuvre ainsi que les succès.

L’évaluation de l’impact environnemental sera effectuée par une équipe pluridisciplinaire, impliquant des experts du Ministère de l’Environnement, avant le démarrage de l’AID au niveau de chaque district. L’objectif est de déterminer les facteurs environnementaux de risque, pour minimiser l’effet négatif de l’AID sur l’écosystème. Après cinq ans de mise en œuvre de l’AID dans un district, une évaluation externe de l’impact sur l’environnement sera organisée. Cette évaluation sera confiée à un cabinet spécialisé à la suite d’un appel d’offres.

Des activités d’aspersion intra domiciliaire sont réalisées par certaines sociétés minières dans les villages de leur zone d’implantation dans la région de Kédougou. Cependant, aussi bien le produit utilisé, le suivi de sa rémanence ainsi que son impact sur les vecteurs du paludisme et sur l’environnement sont méconnus du système de santé. Le PNLP qui est l’organe du Ministère de la Santé responsable de la lutte contre le paludisme doit faire le nécessaire pour avoir toutes les informations relatives à tout ce qui touche ce domaine. L’approche décentralisée serait une meilleure implication des autorités sanitaires (régions et districts) dans l’accompagnement de ces services privés sur tout le processus de la mise en œuvre de leur intervention et la capitalisation des résultats en termes de couverture et de populations protégées. Les services miniers seront invités à travers la région médicale pour l’élaboration d’un plan de travail incluant la planification, la mise en œuvre mais aussi le suivi de l’efficacité de l’intervention.

Suivi Evaluation de l’AID

Le laboratoire d’écologie vectorielle et parasitaire de l’UCAD partenaire du PNLP assurera le suivi/ évaluation du traitement dans le cadre des AID avec l’appui des partenaires.
En ce qui concerne le contrôle, une mission sera organisée une à deux semaines après le traitement pour
évaluer la qualité de l’application et l’efficacité du produit. Ce contrôle se fera selon le protocole standard de l’OMS (WHOPES, 2013). Pour le suivi, la même procédure sera respectée mais donnera des informations sur la rémanence du produit c’est-à-dire la durée d’efficacité du traitement. Il se fera de manière mensuelle et continue jusqu’à ce que le niveau d’efficacité soit au-dessous du seuil fixé par l’OMS (70%).

La surveillance entomologique sera effective et va permettre d’évaluer l’impact du traitement sur les vecteurs de la zone en termes de longévité, de densité et de comportement. Elle consistera à faire des collectes de moustiques suivant des méthodes classiques dans cinq villages sentinelles au niveau de chaque district.

L’étude de la sensibilité des vecteurs aux différentes classes d’insecticides homologués par l’OMS sera également réalisée. Elle consiste à élever des populations de vecteurs de chaque zone et à les exposer à des doses spécifiques des différentes molécules. Les résultats donneront une idée de la sensibilité des vecteurs par rapport à chaque molécule. Cet exercice aidera dans le choix de l’insecticide pour la campagne prochaine mais également permettra au PNLP d’avoir une base de données actualisée de la résistance et de pouvoir ainsi mettre en place un plan de gestion de cette résistance.

Le suivi entomologique est souvent en cours au moment de l’atelier d’évaluation de la campagne AID. C’est pourquoi un atelier de partage des résultats de ce suivi est important. Il faut noter que celui-ci est un complément à l’atelier d’évaluation et que ses résultats vont permettre au comité de pilotage de prendre certaines décisions dans le sens de parfaire cette intervention.